Ottawa. Le Canada est à un pas de décrocher l’organisation du XIXᵉ Sommet de la Francophonie. Réunie en Conseil permanent, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a recommandé la candidature d’Ottawa pour accueillir l’édition 2028. Une décision qui devra encore être officiellement entérinée en novembre prochain, lors du Sommet de Siem Reap, au Cambodge, mais qui apparaît déjà comme une consécration diplomatique pour la capitale canadienne.

Devant une assistance enthousiaste, le Premier ministre Mark Carney n’a pas caché son ambition. « Que la fête commence ! », a-t-il lancé, en présentant ce rendez-vous comme une célébration mondiale de la langue française et des valeurs qu’elle véhicule.

Pour le chef du gouvernement canadien, accueillir le Sommet de la Francophonie constitue bien plus qu’un succès organisationnel : c’est l’occasion d’affirmer le rôle du Canada comme acteur majeur de l’espace francophone international.
« Nous voulons accueillir le monde entier au Canada », a-t-il déclaré, décrivant le français comme uneb langue de transmission, de résilience et d’ouverture, capable de traverser les générations tout en fédérant des peuples issus de cultures diverses.
La candidature canadienne était la seule recommandée par le Conseil permanent de l’OIF, renforçant le sentiment qu’il ne reste désormais qu’une validation formelle avant l’attribution officielle. D’ici là, Ottawa poursuit les préparatifs logistiques d’un événement appelé à mobiliser des milliers de délégués, responsables politiques, entrepreneurs, universitaires et représentants de la société civile venus des 90 États et gouvernements membres de l’organisation.

Au-delà de son enjeu diplomatique, le sommet représente une formidable opportunité pour les communautés francophones canadiennes, en particulier les Franco-Ontariens, dont la visibilité internationale pourrait être considérablement renforcée.

Tous les deux ans, les Sommets de la Francophonie définissent les grandes orientations politiques de l’organisation et favorisent le développement de nouveaux partenariats économiques, culturels et éducatifs. Pour le pays hôte, il s’agit également d’un puissant levier de promotion touristique, d’attractivité économique et de rayonnement culturel.
Pendant plusieurs jours, Ottawa deviendrait ainsi la capitale mondiale de la francophonie, mettant en lumière la diversité linguistique et culturelle qui caractérise le Canada.
Une mobilisation largement saluée
L’annonce a suscité une vague de réactions positives à travers le pays.

La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada, Liane Roy, a salué une décision qui valorise la richesse du français au Canada et témoigne de la volonté politique d’en assurer le rayonnement.
Même enthousiasme du côté du maire d’Ottawa, Mark Sutcliffe, qui a exprimé sa fierté sur le réseau social X, se réjouissant à l’idée de faire découvrir au monde le dynamisme de la communauté francophone de la capitale fédérale.

Ces réactions traduisent une mobilisation qui dépasse largement le cadre institutionnel. Élus, organisations francophones et acteurs de la société civile voient dans cette candidature l’aboutissement de plusieurs mois d’efforts diplomatiques.
Le retour d’une tradition canadienne
La candidature d’Ottawa s’inscrit dans une histoire déjà ancienne entre le Canada et la Francophonie.

Le pays a accueilli le Sommet à trois reprises : à Québec en 1987 puis en 2008, ainsi qu’à Moncton, au Nouveau-Brunswick, en 1999. En choisissant aujourd’hui Ottawa, l’OIF prolongerait cette tradition tout en mettant en avant une autre facette du visage francophone canadien, celle d’une capitale bilingue où coexistent quotidiennement les deux langues officielles.
Déposée officiellement en décembre dernier, la candidature visait à renforcer les liens entre le Canada et l’ensemble des États membres de l’OIF, tout en affirmant la place du français dans un environnement nord-américain largement anglophone.

Si la confirmation officielle est attendue en novembre au Cambodge, peu d’observateurs doutent désormais de l’issue du processus. Pour Ottawa, l’horizon 2028 s’annonce déjà comme une occasion unique de faire du Canada, le temps d’un sommet, le centre névralgique de la francophonie mondiale et de réaffirmer, sur la scène internationale, la vitalité d’une langue qui demeure l’un des principaux instruments de dialogue entre les peuples.



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