Le football gabonais ne se construira pas uniquement à travers les résultats des Panthères A. Son avenir se joue d’abord sur les terrains où évoluent les plus jeunes. À Lambaréné, à l’occasion de la phase finale du Championnat national U15, ce constat s’est imposé avec évidence.

À travers son entretien accordé à la presse, le président de la Fédération gabonaise de football, Pierre Alain Mounguengui, a rappelé une vérité fondamentale : la formation constitue le socle de toute ambition sportive durable. Dans un contexte où l’impatience domine souvent les débats autour du football national, son discours invite à regarder plus loin que les victoires immédiates.
Le Championnat national U15 n’est pas une simple compétition. Il représente un véritable laboratoire où se dessinent les contours des futures sélections nationales. Les 180 jeunes réunis à Lambaréné ne sont pas uniquement venus défendre les couleurs de leurs provinces ; ils incarnent le potentiel d’une génération appelée à porter demain le maillot des Panthères.

Cette vision mérite d’être saluée. Le développement d’un football performant repose sur un travail patient, méthodique et continu. Détecter les meilleurs talents, les accompagner, les encadrer et leur offrir des perspectives de progression constitue la seule voie capable d’assurer une relève solide. Les grandes nations du football ont bâti leur succès sur cette philosophie, et le Gabon ne pourra durablement rivaliser sans investir davantage dans sa jeunesse.
L’entretien met également en lumière un défi majeur : celui de l’implication des clubs. Beaucoup restent encore insuffisamment structurés en matière de formation. Sans véritables catégories de jeunes, ils se privent d’un vivier indispensable à leur développement tout en dépendant du travail réalisé par les ligues provinciales et la Fédération. La formation doit devenir une responsabilité collective impliquant les clubs, les éducateurs, les collectivités locales et les familles.

Autre signal encourageant : la place grandissante accordée aux femmes dans l’encadrement technique. Voir une femme diriger une sélection provinciale n’est plus une exception mais le résultat d’une politique de formation engagée depuis plusieurs années. Cette évolution traduit une ouverture bénéfique pour le football gabonais, qui gagne à valoriser toutes les compétences sans distinction.
Certes, la faible affluence observée dans les tribunes de Lambaréné rappelle que le football de jeunes peine encore à mobiliser le grand public. Pourtant, ces compétitions constituent le premier chapitre de nombreuses carrières. Elles méritent davantage d’attention, de médiatisation et de soutien populaire.

Enfin, le message adressé aux jeunes joueurs dans cet entretien de Pierre Alain Mounguengui est sans doute la leçon la plus importante de cet entretien : une défaite à quinze ans ne détermine jamais une carrière. Le talent se construit avec le travail, la discipline, la persévérance et le temps. Cette culture de la patience est essentielle pour former des sportifs accomplis et des hommes responsables.
Au-delà des discours, le véritable défi sera désormais de transformer cette vision en résultats concrets dans les années à venir. Si, demain, plusieurs des jeunes aperçus à Lambaréné deviennent des titulaires des Panthères ou s’imposent dans les meilleurs championnats, alors cette politique de formation aura pleinement porté ses fruits.

L’avenir du football gabonais ne s’écrira pas dans la précipitation. Il se construit dès aujourd’hui, sur les terrains de formation, avec des éducateurs engagés, des clubs responsables et des jeunes qui rêvent de représenter leur pays.

Joseph Keurtys MABIMBA



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