Dans le 5e arrondissement de Libreville, l’ONG Tous pour la Cinquième République (TOP 5) a inauguré, mardi 18 août 2026, la Salle Multimédia Bénévole d’Instruction Citoyenne Brice Clotaire Oligui Nguema. Un espace gratuit dédié à l’apprentissage du numérique, à la recherche, à la formation et à l’éducation citoyenne. Une initiative qui entend répondre à un défi désormais aussi politique que technologique : apprendre aux citoyens à mieux s’informer, à vérifier les contenus et à utiliser les réseaux sociaux avec responsabilité.
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À Libreville, l’éducation au numérique change d’échelle. Dans le 5e arrondissement, ordinateurs, bibliothèque et espaces de formation composent désormais un nouvel outil au service de la population. Baptisé Salle Multimédia Bénévole d’Instruction Citoyenne Brice Clotaire Oligui Nguema, le centre est porté par l’ONG Tous pour la Cinquième République (TOP 5), présidée par Rodrigue Maïssa Nkoma.
Derrière cette inauguration, une conviction : l’accès aux technologies ne suffit plus. Encore faut-il savoir les utiliser, comprendre l’information qui circule et mesurer la portée de ses propres publications.
Le numérique, nouvel espace de citoyenneté
À l’heure où les réseaux sociaux sont devenus un espace majeur d’expression publique, les frontières entre opinion, information, rumeur et désinformation peuvent rapidement devenir floues. Pour Rodrigue Maïssa Nkoma, président fondateur de TOP 5, cette situation impose une réponse éducative.
L’ONG entend ainsi lutter contre ce qu’elle qualifie de « cyber incivisme », caractérisé notamment par la diffusion de fausses informations, la diffamation, les attaques contre les institutions et les discours de haine.
L’objectif affiché est de promouvoir une nouvelle culture numérique, fondée sur la responsabilité, le respect et la citoyenneté. Autrement dit, faire du numérique non pas seulement un outil de consommation, mais un instrument d’apprentissage, de dialogue et de participation à la vie publique.
Un centre ouvert à tous
La particularité de cette salle réside également dans son accessibilité. L’entrée et les activités proposées sont entièrement gratuites, sans distinction d’origine ou de condition sociale.
Jeunes, étudiants, adultes ou simples curieux pourront y accéder pour effectuer des recherches, consulter des ressources documentaires, utiliser les ordinateurs ou participer à des ateliers et formations animés par des bénévoles.
Le projet se veut donc résolument intergénérationnel. « Il n’y a pas d’âge pour apprendre », a rappelé Patrick Simangoye, représentant le ministre de la Communication et des Médias, venu saluer l’initiative.
Pour lui, l’investissement dans la jeunesse constitue l’un des leviers essentiels du développement national. Il a notamment rappelé cette formule d’Omar Bongo Ondimba : « La jeunesse est sacrée. »
Pour TOP 5, la construction du Gabon ne saurait toutefois se limiter aux routes, aux écoles, aux hôpitaux ou aux autres infrastructures. Elle doit également passer par la formation des citoyens.
C’est l’un des messages centraux portés par cette salle multimédia : accompagner la transformation matérielle du pays par une transformation des comportements.
L’ONG défend ainsi plusieurs priorités : valorisation des institutions, préservation des acquis, promotion de la paix et renforcement de l’unité nationale.
Dans cette perspective, la salle devient un espace où l’apprentissage technique rejoint l’éducation civique. Savoir effectuer une recherche en ligne, distinguer une information fiable d’une rumeur, comprendre le fonctionnement des institutions ou participer à un débat sans violence verbale sont autant de compétences considérées comme nécessaires au citoyen de la Cinquième République.
Le choix de baptiser le centre du nom du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, n’est pas présenté par les promoteurs comme un simple geste protocolaire.
TOP 5 y voit un hommage à une dynamique de développement et à une politique accordant une place importante à la jeunesse et à la transformation du pays.
Pour l’ONG, cette salle doit ainsi s’inscrire dans cette dynamique en devenant un outil de proximité au service de la formation et de l’émancipation des populations.
« Apprendre, comprendre, outiller »
La philosophie du projet pourrait finalement se résumer en trois verbes : apprendre, comprendre, outiller.
Apprendre à maîtriser les bases du numérique. Comprendre le fonctionnement des institutions et les enjeux de la vie publique. S’outiller pour mieux s’informer, mieux débattre et participer davantage à la construction nationale.
Dans un pays où le téléphone portable et les réseaux sociaux ont profondément transformé les modes de communication, l’enjeu est considérable. La citoyenneté ne se joue plus uniquement dans les espaces physiques traditionnels. Elle se construit également derrière un écran, dans un commentaire, un partage, une vidéo ou une publication.
C’est précisément sur ce terrain que TOP 5 entend intervenir.
Du quartier à l’échelle nationale
L’inauguration de cette salle dans le 5e arrondissement pourrait ainsi apparaître comme une expérience locale répondant à une problématique nationale.
Si les dérives numériques concernent l’ensemble de la société, la réponse peut commencer à l’échelle d’un quartier, avec des moyens relativement simples : des ordinateurs, des ressources documentaires, des formateurs bénévoles et surtout une volonté de transmettre.
Le défi sera désormais de faire vivre durablement cet espace, de maintenir la qualité des formations et d’attirer les publics auxquels il est destiné.
En ouvrant ses portes gratuitement, TOP 5 veut transformer cette salle en un lieu de connaissance, de dialogue et de responsabilité. Une manière de rappeler que, dans la construction de la Cinquième République, l’éducation du citoyen constitue aussi une infrastructure essentielle.





