En inaugurant le pôle pédagogique CTRI et l’Auditorium Pierre-Louis Agondjo Okawé, le 10 septembre à Libreville, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a voulu donner une nouvelle visibilité à l’un des chantiers prioritaires de son mandat : la modernisation de l’enseignement supérieur et l’amélioration des conditions de vie des étudiants.
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Libreville, 10 septembre 2026. L’Université Omar Bongo Ondimba (UOB) entend tourner une page. Après plusieurs années marquées par le vieillissement de ses infrastructures, le principal établissement universitaire du pays s’offre de nouveaux équipements. Le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé jeudi à l’inauguration du pôle pédagogique CTRI et de l’Auditorium Pierre-Louis Agondjo Okawé, deux réalisations présentées comme des symboles de la transformation engagée dans l’enseignement supérieur.
À son arrivée sur le campus, le chef de l’État a été accueilli par les doyens des différentes facultés avant de visiter le nouveau pôle pédagogique. Avec son architecture résolument contemporaine, le bâtiment se veut la vitrine d’une université gabonaise appelée à répondre aux nouvelles exigences de la formation, du numérique et de l’innovation.
Le pôle pédagogique CTRI regroupe huit salles de cours, dix bureaux administratifs, une salle multimédia, une salle polyvalente ainsi qu’un studio d’enregistrement pédagogique répondant aux normes du CAMES. L’ensemble comprend également des espaces dédiés à la vie étudiante et une unité de traitement des eaux.
Avec un système d’utilisation rotative des espaces, le complexe doit pouvoir accueillir plus de 2 400 étudiants par jour. Une capacité qui répond à l’un des défis récurrents de l’enseignement supérieur gabonais : adapter les infrastructures à l’augmentation des effectifs tout en améliorant la qualité des conditions d’apprentissage.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse donc la simple construction de bâtiments. Il s’agit de poser les bases d’une « université de troisième génération », davantage connectée aux mutations technologiques et aux besoins du marché du travail.
Le retour d’un lieu emblématique
Autre symbole fort de cette journée : la réouverture de l’ancien auditorium de l’UOB, fermé depuis près de trente ans.
Entièrement réhabilité, l’édifice porte désormais le nom de Pierre-Louis Agondjo Okawé, en hommage à l’ancien doyen de la Faculté de droit et des sciences économiques et ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats du Gabon.
Financé à 100 % par l’État gabonais, le projet s’étend sur 1 800 m². La salle principale peut désormais accueillir entre 470 et 510 personnes. Elle est accompagnée d’une salle de réunion, de sanitaires, de locaux techniques, de deux salles d’attente, de deux cabines pour les journalistes, d’une régie son et vidéo, d’un espace VIP, d’un bar destiné aux cocktails ainsi que d’un salon présidentiel.
L’ambition est claire : faire de cet auditorium un espace capable d’accueillir conférences, colloques, cérémonies universitaires et grands rendez-vous nationaux ou internationaux.
Au nom de la famille Agondjo Okawé, son représentant a salué une réhabilitation qui, selon lui, dépasse la seule dimension architecturale. « La reconstruction d’une nation commence par le respect de ses anciens », a-t-il déclaré, voyant dans ce geste une manière de réhabiliter la mémoire nationale.
3 500 places supplémentaires annoncées
La cérémonie a également permis aux autorités de dresser un état des lieux plus large de la politique engagée dans l’enseignement supérieur.
Un film documentaire présenté à cette occasion a retracé les différents investissements réalisés ou engagés : réhabilitation des infrastructures, restructuration des établissements, équipements pédagogiques et informatiques, mais aussi amélioration des conditions de vie des étudiants.
Selon les éléments présentés, ces investissements doivent permettre de créer 3 500 places supplémentaires dans plusieurs établissements, notamment l’UOB, l’Université des sciences de la santé (USS), le Centre universitaire des sciences de la santé (CUSS) et l’Université des sciences et techniques de Masuku (USTM).
La restauration universitaire, les voiries internes, l’équipement des salles de cours et la modernisation numérique figurent également parmi les priorités affichées.
Sur ce dernier volet, l’objectif annoncé est particulièrement ambitieux : parvenir à une couverture Wi-Fi de 100 % dans les établissements concernés à partir de la mi-octobre 2026.
Derrière ces annonces, le pouvoir entend inscrire la réforme universitaire dans une stratégie plus large de transformation économique et sociale. L’objectif est de renforcer les compétences d’une jeunesse appelée à devenir l’un des principaux moteurs du développement du pays.
Le pari est également celui de l’innovation. Le gouvernement veut favoriser l’émergence d’écosystèmes capables de rapprocher universités, technologies, formation et entrepreneuriat, afin de permettre aux jeunes Gabonais de mieux répondre aux évolutions du marché de l’emploi et aux transformations de l’économie mondiale.
Après l’inauguration, Brice Clotaire Oligui Nguema a poursuivi sa visite à travers le rectorat réhabilité, les espaces consacrés à la musique et les dortoirs. Il s’est ensuite rendu au restaurant universitaire, où il a échangé directement avec des étudiants sur leurs conditions de vie et d’études.
Une séquence qui illustre la volonté affichée par les autorités de ne pas limiter la réforme universitaire aux seules infrastructures.
Du campus au futur boulevard de la Transition
La visite présidentielle s’est achevée sur un autre chantier emblématique de Libreville : le futur boulevard de la Transition.
Long de plus de trois kilomètres, ce nouvel axe doit contribuer à fluidifier la circulation et à améliorer la mobilité dans cette partie de la capitale. Sur place, le chef de l’État a pu mesurer l’état d’avancement des travaux et rappeler la nécessité de respecter les engagements pris pour la réalisation de l’infrastructure.
À travers cette journée, le pouvoir gabonais a ainsi voulu mettre en scène deux dimensions de sa politique de transformation : réhabiliter l’existant tout en construisant de nouvelles infrastructures.

À l’UOB comme sur les chantiers routiers de Libreville, le message est le même : accélérer la modernisation des équipements publics et créer les conditions d’un développement davantage porté par les compétences, la jeunesse et l’innovation.
Reste désormais à transformer ces infrastructures en résultats durables : une meilleure qualité de formation, des conditions d’études améliorées et, surtout, une université capable de produire les compétences dont le Gabon aura besoin pour concrétiser ses ambitions économiques.





