Méthode, détection, transmission : le nouveau sélectionneur gabonais pose les premières pierres de son projet et veut réconcilier la sélection avec son vivier local.
Le changement de cycle est lancé. Pas encore de match, pas encore de composition d’équipe, mais déjà une méthode qui se dessine. Sébastien Migné a décidé d’attaquer son chantier par la base : réunir ceux qui connaissent le mieux le football gabonais et remettre la circulation de l’information au cœur du système.
Vendredi 18 septembre, au siège de la Fédération gabonaise de football, le sélectionneur des Panthères a échangé avec les entraîneurs des différentes catégories nationales et plusieurs techniciens locaux. À ses côtés, le Directeur technique national Alain Giresse.
La scène pourrait sembler ordinaire. Elle ne l’est pas.
Migné veut décloisonner.
LE PREMIER MATCH SE JOUE DÉJÀ EN DEHORS DU TERRAIN
Avant de parler de onze de départ, de système de jeu ou de calendrier international, le technicien français veut savoir précisément ce que le football gabonais a dans ses réserves.
Qui sont les jeunes qui montent ? Quels joueurs du championnat national peuvent franchir un cap ? Quels profils échappent encore aux radars de la sélection ?
C’est tout l’enjeu de cette nouvelle organisation.
Migné veut renforcer l’observation du championnat, structurer le suivi des joueurs et surtout installer une passerelle permanente entre les différentes sélections nationales et les Panthères A.
Le talent ne suffit plus. Il faut désormais savoir le voir, le suivre et l’accompagner.
« JE NE VAIS PAS L’ÉCRIRE TOUT SEUL »
C’est probablement l’une des phrases qui résume le mieux la philosophie du nouveau sélectionneur.
« Je viens participer à l’écriture d’un nouveau chapitre de l’histoire du football gabonais. Je suis là pour coordonner et encadrer. Je ne vais pas l’écrire tout seul.»
Le message est limpide : Migné ne veut pas construire une sélection en vase clos.
Il veut s’appuyer sur les techniciens qui travaillent quotidiennement dans les clubs et les sélections de jeunes. Leur connaissance du terrain doit devenir une force supplémentaire pour la sélection nationale.
Pendant longtemps, le débat autour des Panthères s’est souvent résumé à une opposition entre joueurs locaux et expatriés.
Migné semble vouloir dépasser cette logique.
Son ambition est plutôt de créer une concurrence saine et d’élargir le réservoir disponible. Le championnat national doit redevenir un véritable laboratoire de talents, capable d’alimenter progressivement la sélection.
Pas question, donc, de fermer la porte aux joueurs du pays.
Au contraire : elle doit rester ouverte, surveillée et accessible à ceux qui auront les performances pour la franchir.
UNE SÉLECTION, C’EST AUSSI UN PEUPLE
Il y a enfin un autre chantier, moins technique mais tout aussi important : celui de la relation entre les Panthères et leur public.
Car une équipe nationale ne vit pas uniquement dans les vestiaires. Elle vit dans les tribunes, dans les quartiers, dans les discussions de comptoir et dans cette émotion particulière qui accompagne le maillot national.
Le 12ᵉ homme est donc appelé à reprendre sa place.
Remplir les stades. Encourager. Soutenir. Pousser l’équipe lorsque les jambes deviennent lourdes et que le match bascule.
La reconstruction sera technique, mais elle devra aussi être populaire.
Avec l’appui de la Fédération gabonaise de football et de son président Pierre-Alain Mounguengui, Sébastien Migné commence à installer les contours de son projet.
Il ne promet pas une révolution immédiate. Il pose plutôt les fondations d’un système appelé à produire ses effets dans le temps.
Coordonner les techniciens. Observer davantage. Détecter plus tôt. Donner sa chance au potentiel local. Créer une continuité entre les catégories. Et surtout, reconstruire une identité collective autour des Panthères.
Le chantier vient à peine de commencer. Mais le message, lui, est déjà passé : les Panthères veulent changer de tempo.
Et pour Sébastien Migné, le véritable défi sera désormais de transformer cette nouvelle méthode en une équipe capable de parler à tout un pays.





