Sur les terres humides du sud gabonais, entre forêts denses et reliefs encore difficiles d’accès, le chantier de la route Lébamba–Mbigou s’impose désormais comme l’un des projets structurants de la politique d’infrastructures du pays. Ce samedi 27 juin 2026, le ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, a effectué une visite d’inspection sur cet axe stratégique de 267 km appelé, à terme, à relier le Gabon à la frontière congolaise via Malinga et Molo.

Selon les données présentées sur le terrain, les travaux affichent un taux d’exécution de 12,50 %, avec une mobilisation multisectorielle sur plusieurs fronts : terrassements, ouvrages d’art, déforestation contrôlée et installation des bases techniques de l’entreprise EBOMAF TOGO, en charge du projet. La carrière de Mandji alimente également un dispositif logistique qui tourne à plein régime.

Au cœur du chantier, le futur pont de 80 mètres sur la rivière Biroundou symbolise déjà l’ampleur de l’ouvrage en cours. Une infrastructure clé qui permettra de franchir l’un des principaux obstacles naturels de cet axe longtemps resté en marge des grands corridors nationaux.

Sur le terrain, le ministre a constaté de visu l’état d’avancement des travaux, tout en identifiant un obstacle technique au PK 5+500 : la présence de poteaux électriques dans l’emprise du chantier. Une contrainte qui ralentit localement la progression.
« J’ai toutefois relevé un point de blocage au PK 5+500, où des poteaux électriques occupent encore l’emprise du chantier », a-t-il indiqué, avant de rassurer sur la suite des opérations : des instructions fermes ont été données pour une coordination rapide avec les services compétents afin de lever cet obstacle dans les meilleurs délais.

Au-delà de la route, le projet Lébamba–Mbigou se veut un levier de transformation sociale. Il prévoit la réhabilitation de 19 écoles et dispensaires, ainsi que la réalisation de 19 forages dans les villages riverains. Une approche intégrée qui traduit la volonté d’ancrer l’infrastructure dans les réalités locales.
Dans les discours officiels, cette dimension sociale revient comme un marqueur fort : la route n’est plus seulement un axe de transport, mais un outil de développement territorial.

Face aux équipes mobilisées, le membre du gouvernement a salué les efforts déjà consentis, tout en rappelant une ligne directrice claire : respect strict des normes de qualité, protection de l’environnement et accélération du rythme des travaux durant la saison favorable.
« Mon objectif est que les populations de Lébamba et de Mbigou commencent à voir les premiers kilomètres de bitume avant la fin de cette saison », a-t-il insisté, fixant ainsi un cap opérationnel à court terme.

Dans un pays où les défis d’accessibilité restent déterminants pour l’intégration économique des territoires, l’axe Lébamba–Mbigou apparaît comme un test grandeur nature. Sa réalisation conditionne non seulement la mobilité des populations, mais aussi l’ouverture de nouvelles zones économiques dans le sud du Gabon.

À mesure que les engins avancent et que les emprises se libèrent, c’est une promesse de désenclavement qui se dessine. Et avec elle, l’ambition d’un État qui entend transformer ses infrastructures en accélérateurs de développement.





Assistant Edu Gabon