À la tribune de l’ONU, le président de la transition gabonaise a envoyé un message clair à la communauté internationale : le temps est venu pour une réforme en profondeur du Conseil de sécurité. Pour Brice Clotaire Oligui Nguema, l’Afrique ne peut plus être spectatrice d’un système multilatéral qui se veut universel, mais qui l’exclut des décisions cruciales.
Un appel ferme à la réforme
Ce 25 septembre, à l’occasion du débat général de la 80ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, Oligui Nguema s’est exprimé avec conviction :
“Le Conseil de sécurité doit évoluer pour mieux refléter la réalité géopolitique contemporaine.”
Une phrase sobre, mais lourde de sens. Car derrière cette déclaration, c’est la revendication d’un continent entier qui s’exprime un continent souvent marginalisé dans les hautes sphères de décision internationales, malgré son poids démographique, économique et stratégique croissant.
L’Afrique, grande oubliée de la gouvernance mondiale ?
L’actuel Conseil de sécurité, hérité de l’ordre mondial post-Seconde Guerre mondiale, repose sur une logique de puissances victorieuses… obsolète à l’ère des puissances émergentes et des équilibres multipolaires. L’Afrique, pourtant composée de 54 États membres de l’ONU, ne compte aucun siège permanent au sein de cette instance. Une anomalie, selon le président gabonais :
“L’Afrique, riche en ressources, forte de sa jeunesse et de sa diversité, mérite une représentation permanente au Conseil. Ce n’est pas une faveur, c’est une exigence de justice.”
Une position qui fait écho à celle de l’Union africaine, qui réclame depuis plusieurs années au moins deux sièges permanents et cinq sièges non permanents pour le continent au sein du Conseil.
Multilatéralisme renforcé, coopération globale
Au-delà de la seule réforme du Conseil de sécurité, Oligui Nguema a plaidé pour un multilatéralisme plus inclusif et équitable. Dans un contexte de crises mondiales changement climatique, conflits, inégalités économiques le président gabonais voit dans la coopération internationale une clé de survie collective.
“Les défis actuels nous obligent à agir ensemble, à transcender les égoïsmes nationaux pour construire des solutions durables.”
Une diplomatie offensive
Depuis son arrivée au pouvoir à la suite d’un coup d’État en août 2023, Brice Clotaire Oligui Nguema multiplie les initiatives diplomatiques pour redorer l’image du Gabon sur la scène internationale. Son discours à l’ONU s’inscrit dans cette stratégie : afficher un leadership responsable, réaffirmant l’attachement du Gabon aux principes de paix, de dialogue et de solidarité internationale.
S’il reste encore à convaincre les grandes puissances et notamment les membres permanents actuels du Conseil de céder une part de leur influence, le président gabonais a au moins réussi une chose : remettre l’Afrique au cœur du débat sur la gouvernance mondiale.





