Libreville, le 16 octobre 2025. –Convergence Afrique.

La magistrature gabonaise a été vivement critiquée à la suite des scrutins du 27 septembre dernier. Entre accusations de partialité et soupçons de corruption, certains juges ont été pris pour cibles, ternissant l’image d’un corps pourtant essentiel au fonctionnement de la démocratie. C’est dans ce contexte que le procureur général près la Cour d’appel judiciaire de Libreville, Dr Eddy Narcisse Minang, a pris la parole lors de l’audience solennelle d’installation des magistrats promus et affectés. Son intervention a pris la forme d’un véritable plaidoyer pour le respect de la justice et la défense de la dignité des juges.

La critique oui, le discrédit non
Dans un discours à la fois juridique, philosophique et civique, le procureur général a rappelé que si la critique de la justice est légitime dans une démocratie, elle doit s’exercer dans les limites du respect et de la responsabilité.
« On ne saurait confondre liberté d’expression avec diffamation ou injure », a-t-il souligné, citant la Déclaration des droits de l’homme de 1789 et la Constitution gabonaise, qui garantissent la liberté d’expression tout en en fixant les bornes.

S’appuyant sur la pensée de d’Alembert, Eddy Minang a exhorté les magistrats à demeurer stoïques face à la critique :

« Si la critique est juste et pleine d’égards, vous lui devez des remerciements et de la déférence ; si elle est juste sans égards, de la déférence sans remerciements ; si elle est outrageante et injuste, le silence ou l’oubli. »

Pour le procureur général, la justice ne doit pas répondre à la provocation, mais rester digne et indépendante face à l’excès.

Des accusations généralisées jugées injustes

Revenant sur les récentes polémiques électorales, le Dr Minang a rappelé que sur 113 commissions électorales locales et consulaires, 49 étaient présidées par des magistrats, mais seules quelques-unes ont fait l’objet de dénonciations.
Une minorité d’incidents ne saurait, selon lui, justifier la mise en cause de toute la corporation.

« Jeter l’opprobre sur l’ensemble des magistrats pour les écarts de quelques-uns revient à saper la confiance du public dans la justice », a-t-il déclaré.

La loi comme rempart contre les dérives verbales

Le procureur général a également invoqué l’article 181 de l’ancien Code pénal gabonais, qui punissait le fait de jeter publiquement le discrédit sur une décision de justice. Bien que le texte ait été modernisé, son esprit reste une référence éthique : protéger l’autorité judiciaire contre les attaques déstabilisatrices.

Il a par ailleurs cité une jurisprudence de la Cour de cassation française, qui reconnaît comme punissable tout propos remettant en cause, en termes outranciers, l’impartialité des juges. Autant d’illustrations de la nécessité, selon lui, de préserver l’indépendance et la respectabilité du juge.

La justice, pilier de la démocratie
Pour Eddy Minang, s’attaquer aux juges, c’est ébranler la démocratie elle-même. Le magistrat, a-t-il rappelé, « est celui qui tranche les conflits, protège les libertés et fait respecter la loi ».
Décrédibiliser son action revient donc à fragiliser les institutions de l’État de droit.

Le procureur général appelle ainsi à un débat public éclairé sur la justice, fondé sur la raison, l’analyse et la mesure. La société a, selon lui, le droit de questionner la justice, mais aussi le devoir de le faire avec responsabilité.

Un appel à la sagesse et à la mesure

Le Dr Eddy Minang a réaffirmé que la critique constructive élève la justice, tandis que l’insulte et la diffamation la détruisent.
Son intervention, saluée pour sa hauteur de vue et sa rigueur intellectuelle, résonne comme un appel à la dignité, à la retenue et à la confiance dans l’institution judiciaire.

À travers ce plaidoyer, le procureur général s’impose comme une voix de sagesse et d’équilibre au sein du système judiciaire gabonais, rappelant que la justice est une institution à défendre, non une cible à abattre.



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