À l’arrĂȘt depuis plusieurs mois, l’amĂ©nagement en 2×2 voies de la route dite Transgabonaise pourrait finalement ĂȘtre confiĂ© Ă  une autre entreprise, apprend-on de sources concordantes. NĂ©e d’un partenariat public-privĂ© signĂ© entre l’État et le groupe Meridiam, la SociĂ©tĂ© autoroutiĂšre du Gabon (SAG) devrait engager un nouvel opĂ©rateur pour remplacer Afcons, qui semble aujourd’hui Ă  bout de souffle.

LancĂ© en septembre 2020 Ă  Kougouleu, sous l’impulsion de l’ancienne PremiĂšre ministre du pouvoir dĂ©chu, le projet de la Transgabonaise ambitionne de transformer un axe stratĂ©gique en route Ă  2×2 voies. La premiĂšre phase, couvrant 81 kilomĂštres entre les PK24 et PK105, reprĂ©sentait un investissement de plus de 600 milliards de FCFA.

Mais malgrĂ© des annonces rĂ©pĂ©tĂ©es, notamment en 2024, aucune livraison n’a Ă©tĂ© concrĂ©tisĂ©e. Aujourd’hui, le constat est prĂ©occupant : travaux interrompus, Ă©quipements retirĂ©s et personnel placĂ© en congĂ© technique.

Afcons en difficultĂ©, la fin d’un partenariat
Initialement chargĂ©e de ce premier tronçon, Afcons n’a pas su surmonter les dĂ©fis rencontrĂ©s sur le terrain. ProblĂšmes de trĂ©sorerie, difficultĂ©s d’adaptation au contexte local : autant de facteurs qui auraient progressivement conduit l’entreprise Ă  se dĂ©sengager.

Du cĂŽtĂ© de la SociĂ©tĂ© autoroutiĂšre du Gabon (SAG), la structure issue du partenariat entre l’État gabonais et le groupe Meridiam, la rĂ©flexion s’oriente dĂ©sormais vers la sĂ©lection d’un nouvel acteur capable de reprendre le chantier.

La Transgabonaise reste un levier essentiel pour le dĂ©veloppement Ă©conomique du pays. En desservant des localitĂ©s clĂ©s comme NdjolĂ©, Lastoursville ou Moanda, elle vise Ă  fluidifier les Ă©changes, rĂ©duire les coĂ»ts logistiques et soutenir l’industrialisation.

Le remplacement d’Afcons pourrait ainsi marquer un tournant dĂ©cisif. Toutefois, plusieurs interrogations persistent : quel sera le calendrier de reprise ? Quelles garanties seront apportĂ©es pour Ă©viter de nouveaux retards ? Et surtout, le futur prestataire sera-t-il Ă  la hauteur des attentes ?

Au-delà de ce chantier, cette situation met en lumiÚre les fragilités récurrentes dans la gestion des infrastructures au Gabon : retards chroniques, dépassements budgétaires et suivi insuffisant.

La relance de la Transgabonaise apparaĂźt ainsi comme un test grandeur nature pour les autoritĂ©s. Leur capacitĂ© Ă  sĂ©curiser, piloter et mener Ă  bien ce projet sera dĂ©terminante pour restaurer la confiance et concrĂ©tiser les ambitions d’amĂ©nagement du territoire.

Pour l’heure, la Transgabonaise reste le symbole d’une promesse inachevĂ©e sous l’ancien rĂ©gime qui, espĂ©rons-le, verra enfin le jour Ă  l’exemple des projets dĂ©jĂ  visibles comme les travaux sur l’axe ntoum-cocobeach, plusieurs voies secondaires dans le grand Libreville et plusieurs chantiers Ă  l’intĂ©rieur du pays grĂące Ă  la dĂ©termination et surtout Ă  l’engagement du Chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema, pour qui le peuple gabonais attend beaucoup dans cette 5e RĂ©publique placĂ©e sous le signe de la performance.



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