À Makokou, un fauteuil roulant remis à une enfant vulnérable raconte bien plus qu’un simple geste de solidarité. Il dit quelque chose de la vocation du SAMU Social Gabonais : aller vers ceux que les dispositifs classiques de prise en charge peinent parfois à atteindre.
À Makokou, le sourire retrouvé de la petite Abigaëlle est devenu le visage d’une solidarité concrète. Alerté sur sa situation, le SAMU Social Gabonais n’a pas choisi de rester dans le registre du constat. Ses équipes se sont rendues auprès de l’enfant, ont apporté des soins et lui ont remis un fauteuil roulant destiné à faciliter ses déplacements et à améliorer son quotidien.
Le geste peut paraître simple. Il est pourtant lourd de sens dans un pays où l’accès aux soins, à l’accompagnement social et aux équipements adaptés demeure une réalité très inégale selon que l’on se trouve dans les grands centres urbains ou dans les profondeurs du territoire.
Et c’est précisément là que se situe la singularité du SAMU Social Gabonais.
Aller vers les populations plutôt que d’attendre qu’elles viennent
Depuis sa création, le SAMU Social a développé une approche qui rompt avec une logique strictement sédentaire de l’action sociale et sanitaire : aller vers les personnes vulnérables.
Cette philosophie prend une résonance particulière au Gabon. Dans de nombreuses localités de l’intérieur du pays, la distance, le coût du déplacement, le manque de moyens ou encore l’insuffisance des infrastructures constituent autant d’obstacles à l’accès aux soins.
Le SAMU Social tente précisément de franchir ces obstacles.
De Libreville aux villes de l’intérieur, ses équipes interviennent auprès de populations qui, pour certaines, vivent avec des pathologies non prises en charge, des handicaps, des problèmes de mobilité ou des situations sociales particulièrement précaires.
Consultations gratuites, soins, accompagnement des personnes vulnérables, campagnes de sensibilisation, interventions médicales et actions sociales : l’organisation s’est progressivement imposée comme un acteur de proximité dont la présence se mesure moins à la solennité des discours qu’à la réalité des personnes effectivement prises en charge.
Des lunettes, des opérations de la cataracte et des vies changées
Parmi les actions menées au fil des années, certaines résument à elles seules cette volonté d’aller au-delà du simple secours ponctuel.
La distribution gratuite de lunettes en est une illustration. Pour une personne confrontée à des difficultés visuelles et ne disposant pas des moyens nécessaires pour acquérir un équipement adapté, une paire de lunettes peut représenter bien davantage qu’un objet médical : elle peut permettre de reprendre une activité, de mieux apprendre, de travailler ou simplement de retrouver une autonomie perdue.
Il en va de même pour les opérations de la cataracte. Là encore, derrière l’acte médical se trouve une réalité humaine : celle de personnes dont la vision se dégrade progressivement et qui peuvent retrouver une partie de leur autonomie grâce à une intervention devenue inaccessible pour des raisons financières ou géographiques.
C’est cette dimension qui donne à l’action du SAMU Social Gabonais portée particulière : soigner, mais aussi rendre possible une vie plus autonome.
Du soin à l’accompagnement social
L’action du SAMU Social Gabonais se limite d’ailleurs pas à la médecine.
Sa vocation s’étend à l’accompagnement des personnes vulnérables et à des actions sociales destinées notamment aux enfants et aux familles.
À l’approche des rentrées scolaires, les distributions de kits scolaires constituent ainsi un autre volet de cette présence auprès des populations. Dans des familles aux revenus modestes, ces fournitures peuvent représenter une aide considérable et permettre à des enfants d’aborder la rentrée dans de meilleures conditions.
Cette attention portée à l’enfance se retrouve également dans les actions organisées pendant les périodes festives, notamment à travers le désormais célèbre Arbre de Noël, porté sous l’impulsion du docteur Wenceslas Yaba.
Offrir des cadeaux à des enfants vulnérables peut sembler symbolique. Mais, dans les situations de précarité, la dignité passe aussi par ces moments de joie, de considération et d’inclusion.
Le Gabon profond comme terrain d’action.
C’est probablement sur ce point que le modèle du SAMU Social mérite d’être davantage observé.
L’organisation ne se contente pas d’agir dans les zones où les infrastructures existent déjà. Elle cherche précisément à se rapprocher des populations qui en sont éloignées.
Cette démarche pose, en creux, une question essentielle : que devient une personne vulnérable lorsqu’elle habite à plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de kilomètres d’un dispositif médical correctement équipé ?
À cette question, le SAMU Social Gabonais apporte une réponse opérationnelle : se déplacer, consulter, soigner, accompagner et, lorsque cela est possible, fournir les équipements nécessaires.
Le fauteuil roulant remis à Abigaëlle à Makokou s’inscrit dans cette logique. Il ne s’agit pas seulement d’un don. C’est un moyen de mobilité rendu à une enfant dont les déplacements dépendaient jusque-là largement de son entourage.
Une action qui mérite davantage de soutien
Le contraste avec les limites du système sanitaire traditionnel ne doit pas conduire à opposer artificiellement le SAMU Social aux hôpitaux publics ou aux autres structures de santé. Ces dernières ont évidemment un rôle essentiel à jouer.
Mais il faut avoir le courage de regarder la réalité en face : l’existence d’un établissement de santé ne signifie pas nécessairement l’accès effectif aux soins pour toutes les populations.
La distance, les moyens financiers, les équipements disponibles, les spécialistes ou encore les conditions d’accueil peuvent constituer des barrières considérables.
C’est justement dans ces interstices que l’action du SAMU Social prend toute sa valeur.
Son expérience montre qu’une politique sociale efficace ne peut pas être uniquement pensée depuis les bureaux des administrations centrales. Elle doit également se mesurer sur le terrain, dans les quartiers populaires, dans les villes secondaires, dans les villages et jusque dans les zones les plus enclavées.
Le SAMU Social Gabonais ne remplace pas l’État. Il met plutôt en évidence, par son action, l’urgence de rapprocher davantage l’État social des citoyens.
À travers ses interventions, le SAMU Social s’inscrit finalement dans une conception de l’action publique qui consiste à ne laisser aucune partie du territoire en marge.
C’est aussi là que la vision portée par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, prend tout son sens lorsqu’elle place la question sociale, la solidarité et l’amélioration des conditions de vie au cœur de la transformation du pays.
Cette ambition ne peut toutefois prendre corps que si elle atteint les populations les plus éloignées des centres de décision.
Au-delà des rivières, des routes difficiles, des villes et des grands centres hospitaliers, il y a un autre Gabon : celui des villages, des familles modestes, des enfants vulnérables, des personnes âgées, des personnes vivant avec un handicap et de tous ceux pour lesquels l’accès aux soins reste encore un parcours du combattant.
C’est précisément vers ce Gabon-là que le SAMU Social doit continuer de regarder.
Abigaëlle, un symbole parmi tant d’autres
L’histoire d’Abigaëlle ne constitue donc pas un fait isolé. Elle est un nouvel épisode d’une action humanitaire plus large, construite autour d’une idée simple : aller vers les plus fragiles et leur apporter une réponse concrète.
Des consultations gratuites aux soins, des lunettes aux opérations de la cataracte, des campagnes de sensibilisation à l’accompagnement social, des kits scolaires aux actions en faveur de l’enfance, jusqu’aux moments de partage de l’Arbre de Noël, le SAMU Social a progressivement construit une présence qui dépasse la seule urgence médicale.
À Makokou, un fauteuil roulant a changé, à son échelle, le quotidien d’une petite fille.
Mais derrière ce fauteuil, il y a un message beaucoup plus grand : dans un pays où l’accès aux soins demeure un défi, l’action humanitaire n’a de sens que lorsqu’elle va chercher les populations là où elles se trouvent.
Et sur ce terrain, le SAMU Social Gabonais a déjà pris une longueur d’avance.
Reste désormais à faire de cette expérience un véritable levier national, en la soutenant, en la renforçant et en lui donnant les moyens de poursuivre cette mission au plus profond du Gabon.




