Le Palais Léon Mba accueille, les 23 et 24 septembre 2026, un séminaire de formation consacré à la gestion et à la valorisation numérique des archives parlementaires. Longtemps cantonnées aux rayonnages et aux liasses de papier, les archives du Parlement gabonais entament ainsi leur mue vers l’ère de l’administration dématérialisée.
Organisée avec le concours du Programme d’appui à la coopération parlementaire (PACOP) et en partenariat avec le Parlement français, la rencontre s’adresse aux agents en charge de la documentation, de l’informatique et du courrier des deux chambres. Les travaux ont été ouverts ce mercredi par Aurélie Boutogou, secrétaire générale adjointe de l’Assemblée nationale, en représentation du secrétaire général Patrick Ndongo, empêché. Dans son allocution liminaire, elle a rappelé que les archives constituent la mémoire vive de l’institution et une source de référence incontournable, dont la préservation s’impose avec d’autant plus d’acuité que l’administration publique se numérise.
Car la numérisation ne se réduit pas à la conversion de documents papier en fichiers électroniques : elle suppose de repenser tout le circuit documentaire — production, classement, indexation, conservation et accessibilité. Les ateliers ont ainsi porté sur ces différentes étapes, à l’intention des agents des directions de la Documentation et de la Recherche, de l’Informatique, ainsi que du service du Courrier.
Pour Vincent Tocanne, conseiller et chef de division des archives et de l’histoire parlementaire française, cette démarche répond à un impératif patrimonial. Il a souligné l’importance de mobiliser une expertise internationale et nationale pour accompagner les fonctionnaires gabonais sur les enjeux de gestion et de valorisation numérique des fonds parlementaires. Il a également insisté sur la nécessité de conserver la trace des décisions prises par le président de l’Assemblée et les membres du Bureau, gages de la continuité institutionnelle et d’un accès facilité à l’histoire du Parlement pour les étudiants, les citoyens et les générations futures.
Du côté des participants, Seral Terrence Menzü Memine, fonctionnaire à la Direction des archives du Sénat, a salué une prise de conscience renforcée quant à l’enjeu de la conservation numérique des archives des deux chambres, nourrie par les apports de cette session de formation.
Cette initiative s’inscrit dans le mouvement plus large de transformation numérique de l’administration publique gabonaise, où la dématérialisation des procédures devient un enjeu de modernisation, mais aussi de sécurisation et de transmission de l’information institutionnelle. À terme, elle devrait permettre de réduire la dépendance au support papier tout en facilitant la conservation des fonds et l’accès à l’information plaçant résolument les archives au cœur de la modernisation du Parlement gabonais, entre fidélité à la mémoire d’hier et construction des outils de demain.
Par Emmanuel Manasse M.






