Deux jours après les dénonciations de la Fetrag-Setrag sur la dégradation présumée du climat social, d’autres organisations syndicales ont défendu, jeudi 5 novembre 2026, une lecture différente des relations avec la Direction. Elles mettent en avant la permanence du dialogue et les acquis obtenus par la négociation, sans nier l’existence de préoccupations au sein de l’entreprise ferroviaire.
Le climat social à la So
ciété d’exploitation du Transgabonais (Setrag) suscite des appréciations divergentes. Après la sortie du président de la Fetrag-Setrag, Gilles Térence Mondjo Mondjo, le 3 novembre dernier, dénonçant notamment des difficultés liées aux conditions de travail et aux libertés syndicales, d’autres organisations représentatives ont tenu à faire entendre leur position.
Face à la presse, leurs responsables ont récusé l’idée d’une rupture du dialogue avec la Direction. Ils assurent que des concertations régulières sont organisées avec la Direction générale et les ressources humaines pour examiner les revendications des salariés. « Nous ne disons pas que tout est parfait, mais nous pouvons affirmer que le dialogue existe et qu’il produit des résultats », a déclaré Arnaud Nzoume Mba, président de l’UTCT.
Parmi les avancées évoquées figurent la régularisation de certaines situations administratives, le déblocage de dossiers individuels et collectifs ainsi que l’amélioration progressive des conditions de travail. Pour Wilfried Ngocket, président du SNIT, la négociation reste un moyen privilégié d’obtenir des solutions concrètes : « Lorsqu’il y a dialogue, il y a des solutions. C’est l’expérience que nous vivons actuellement. »
Ces organisations appellent également à préserver l’outil de production, rappelant le rôle stratégique du Transgabonais dans l’acheminement du manganèse et du bois, mais aussi dans le transport annuel de près de 300 000 voyageurs. Pour elles, la défense des cheminots doit aller de pair avec la pérennité de l’entreprise et la sauvegarde des emplois.
Présent à cette rencontre, Jean Robert Avatoli, directeur des ressources humaines, a réaffirmé l’engagement de la Setrag en faveur d’un dialogue social ouvert et respectueux des libertés syndicales. Il a également évoqué les évaluations conduites par des experts indépendants mandatés par les partenaires financiers de l’entreprise, dont la Banque mondiale. La dernière mission, réalisée en octobre, aurait notamment relevé des progrès dans les mécanismes de concertation.
Cette lecture ne dissipe toutefois pas les préoccupations soulevées par la Fetrag-Setrag, notamment sur la protection des représentants syndicaux, la situation des personnels des sociétés sous-traitantes, l’accès des compétences nationales aux postes d’encadrement et la sécurité ferroviaire.
Ces divergences interviennent alors que la Setrag poursuit un vaste programme de modernisation de son réseau, avec près de 450 kilomètres de voie renouvelés en traverses et environ 200 kilomètres de rails remplacés. L’entreprise prépare également son infrastructure à l’augmentation attendue du trafic, notamment avec le développement du projet minier de Baniaka.
Au-delà des positions exprimées, le véritable enjeu reste donc la capacité du dialogue social à associer toutes les sensibilités syndicales et à transformer les revendications en réponses concrètes. Une condition déterminante pour concilier modernisation du chemin de fer, stabilité sociale et protection des intérêts des travailleurs.




