Poussières de ciment, nuisances sonores et rejets présumés polluants : à Marseille 2, dans le nord de Libreville, les habitants dénoncent la dégradation de leur cadre de vie par l’usine à béton MEGADOR. Au-delà des nuisances, l’affaire soulève des interrogations sur les autorisations accordées à l’entreprise et les soupçons de corruption.
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À Marseille 2, vivre chez soi serait devenu une épreuve. Fenêtres fermées pour échapper aux poussières, nuits perturbées par le bruit des toupies, plantations endommagées : les riverains de l’usine à béton MEGADOR disent ne plus supporter leur quotidien.
Dans un reportage diffusé par Matin Week-End sur GT1, les habitants décrivent les conséquences de l’installation de cette unité industrielle au cœur de leur quartier. Selon le collectif représenté par Gauthier Etoundi, le projet aurait initialement été présenté comme un hôtel avant de devenir une usine de production et de commercialisation de béton.
Plus inquiétant encore, les riverains accusent l’entreprise de rejeter des eaux chargées de ciment dans un cours d’eau voisin. Ils évoquent une végétation dépérissante, des cultures de piment et de gombo perdues et des parcelles constamment inondées. Des faits qui nécessitent des analyses indépendantes pour en mesurer précisément l’ampleur.
Les autorisations en question
Invité sur le plateau de GT1, Nicaise Moulombi, président de l’ONG Croissance Saine Environnement, s’interroge sur les conditions d’implantation de l’usine, notamment dans un environnement comprenant des habitations, des zones humides et de la mangrove.
« Comment a-t-on obtenu l’étude d’impact alors qu’il y a des habitations autour ? », questionne-t-il, dénonçant également de possibles pratiques de corruption et l’inaction présumée de certaines autorités. Des accusations qui appellent des vérifications et des réponses des institutions concernées.
Les habitants affirment avoir saisi plusieurs administrations, dont la mairie d’Akanda et les ministères de l’Environnement et de la Santé, sans obtenir de solution concrète.
Des titres fonciers menacés ?
Le paradoxe est saisissant. En juin 2025, le président de la République avait engagé la récupération, au profit de l’État, d’un titre foncier global détenu par le groupe KABI BTP, en vue de son morcellement et de son attribution aux populations. Aujourd’hui, les riverains craignent que les nuisances industrielles ne compromettent la valeur et la qualité de vie sur ces terrains.
Pour Nicaise Moulombi, la solution est claire : ce n’est pas aux habitants de partir, mais à l’usine d’être délocalisée. Il réclame également que les responsabilités soient établies concernant les autorisations administratives et environnementales.
À Marseille 2, les riverains attendent désormais des actes : inspection du site, contrôle des rejets, évaluation des nuisances et clarification des conditions d’exploitation. Leur appel est lancé aux plus hautes autorités.
Car derrière le vacarme des machines et les poussières de ciment, une question demeure : qui protège les populations lorsque l’activité économique menace leur cadre de vie ?





