Port-Gentil, 17 septembre 2026. — Le Gabon ajoute une nouvelle pièce à sa stratégie d’industrialisation. À Port-Gentil, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a procédé ce jeudi au lancement de la première production des Aciéries du Gabon, une unité industrielle portée par la société FOBERD. Une entrée en production qui place la transformation locale et la valorisation des ressources au cœur d’un nouveau chapitre de la politique industrielle du pays.
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L’enjeu dépasse la seule fabrication de barres d’acier. À travers cette usine, le Gabon entend développer une capacité de transformation sur son territoire, capter davantage de valeur ajoutée localement et réduire progressivement sa dépendance à l’égard de certains produits importés.
De la ferraille à l’acier
Le modèle industriel retenu repose notamment sur la valorisation des rebuts ferreux. Ferrailles et déchets métalliques récupérés et collectés sont acheminés vers l’usine avant d’être introduits dans un four industriel, où ils sont soumis à de très hautes températures jusqu’à leur fusion.
Le métal ainsi obtenu est ensuite travaillé au fil de la chaîne de production pour donner naissance à des barres d’acier encore incandescentes. Après refroidissement et traitement, celles-ci sont destinées notamment au secteur de la construction.
Le procédé illustre ainsi une logique d’économie circulaire, en donnant une seconde vie aux déchets métalliques tout en transformant une matière disponible localement en produit industriel.
Une chaîne de valeur autour de l’usine
Pour Port-Gentil, l’impact attendu ne se limite pas aux portes de l’usine. La mise en activité des Aciéries du Gabon doit également favoriser l’émergence d’un écosystème de services et de sous-traitance.
Collecte et tri des ferrailles, transport, logistique, maintenance, stockage, distribution ou encore commercialisation : autant de segments susceptibles de générer de nouvelles activités économiques et de créer des opportunités pour les entreprises locales.
Cette dynamique pourrait également contribuer au développement de PME et de nouveaux métiers, avec un enjeu particulier autour de l’emploi et de l’insertion professionnelle des jeunes Gabonais.
La souveraineté industrielle en ligne de mire
La production locale d’acier s’inscrit dans une ambition plus large : renforcer progressivement les capacités industrielles du Gabon et conserver sur le territoire une part plus importante de la valeur créée.
Dans cette perspective, l’industrie sidérurgique constitue un maillon stratégique. Elle peut alimenter notamment le secteur du bâtiment et des travaux publics, tout en offrant au pays une capacité supplémentaire de production de matériaux nécessaires à ses projets d’infrastructures.
L’objectif affiché est d’abord de répondre aux besoins du marché national. À terme, le développement de ces capacités pourrait également ouvrir des perspectives vers les marchés de la sous-région d’Afrique centrale.
Avec cette première production, la capitale économique du Gabon renforce son rôle dans la diversification de l’appareil productif national. L’installation des Aciéries du Gabon vient ainsi compléter le tissu industriel de la ville et illustre la volonté des autorités de ne plus limiter l’exploitation des ressources à leur extraction ou à leur exportation.
Le lancement intervient surtout dans un contexte où la transformation locale est présentée comme l’un des leviers de la souveraineté économique. Le pari consiste désormais à faire émerger, autour de cette capacité industrielle, une chaîne de valeur suffisamment structurée pour produire des effets durables sur les entreprises, l’emploi et l’économie nationale.
À Port-Gentil, la première coulée d’acier marque donc davantage qu’un démarrage industriel. Elle traduit une orientation : produire au Gabon, transformer au Gabon et faire davantage circuler la valeur créée au sein de l’économie gabonaise.
joy kengue





